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"Nouvelle Génération" exposée au Frac Nord-Pas de Calais

Le FRAC Nord-Pas De Calais a rouvert ses portes à l'automne dernier et accueille ses visiteurs gratuitement jusqu'au 31 décembre prochain.
Installée sur le site des anciens Chantiers Navals de France, la halle AP2, vestige d'un passé que la Ville de Dunkerque a choisi, non pas d'évacuer mais au contraire de transcender s'est vu accolée un double aux dimension identiques. Le résultat est tout simplement bluffant et la vue somptueuse du belvédère vous plonge immédiatement dans une rêverie mélancolique mêlée d'une énergie régénérante, sans doute par l'apport de l'iode et des claquements du vent qui s'engouffrent dans son écorce de plastique.

Sans-titre #10 ©Jenny Gage

Aussi est-on un peu déçu par l'approche quelque peu téléphoné de l'exposition "Nouvelle Génération" dans cet édifice où les expérimentations curatoriales et scénographiques devraient faire corps avec l'édifice.
Car si la qualité et la sélection des pièces issues des collection du FRAC sont bien mises à l'honneur c'est un peu comme si l'exposition devait à tout prix répondre à un cahier de charges de reconquête d'un public déserteur: visite en famille, l'adolescence expliquée aux parents!  


Meredith Spaks, Untitled ©Arno Nollen

Nouvelle Génération donne donc une vision de l'adolescence à travers les oeuvres sélectionnées de ses réserves.
La scénographie se décline en quatre thèmes symboliques de cet âge incertain où tout se construit et se déconstruit: Musique, Révolte Mode et Passions.
Beaucoup de photographies dans le fonds du FRAC, nous voici donc plongé dans la chambre "type" de jeunes adolescents en révolte et en ré-appropriation de leurs identité. Accrochés aux murs comme une mosaïque de posters qui décorent les murs,  des moments intimes vécus ou fantasmés. Ainsi on redécouvre la série très sensible d'Elina Brothérus: une adolescente face à un miroir embué dans une salle de bain qui au fur et à mesure des tirages révèlent une image incertaine, ou encore l'installation "Double take" de Margot Zanni qui propose un regard sur la notion ô combien identitaire de la question vestimentaire.

 

©Elina Brotherus

Au milieu de l'espace, deux pièces aussi opposées et complémentaires l'une de l'autre: une jaguar sans poignée, métaphore d'un monde qui nous serait fermé, hermétique, un fossé que nous sépare de cette émancipation déjà vécue et oubliée; et la carioca d'Eric Van Lieshout, préalablement exposée à la biennale de Venise en 2003.
On tourne autour de cette cabane branlante intrigué par le bruit et la musique qui s'en échappe.
Y entrer ou pas? Puis s'asseoir sur les transats de recup' disposés çà et là pour visionner "RESPECT" une vidéo mettant en scène une certaine jeunesse de Rotterdam, confrontée à la dissolution du modèle social qui l'entoure et la recherche de son identité. Regarder cette vidéo qui dérange,  jusqu'au bout pour tenter de comprendre cette jeunesse si proche physiquement et si lointaine par ses comportements.



L'exposition tente-t-elle de décrypter les comportements et questionnements universels de l'adolescence? Oui mais ce sera plutôt ceux d'une adolescence européenne, qui fait de sa mixité sociale et culturelle une force et un véritable pied de nez aux générations précédentes qui, au regard des dernières élections européennes, tentent désespérément de s'accrocher à des modèles culturels explosés et "has been".


Oui, l'exposition pêche par moment par une trop grande linéarité dans la narration un peu forcée de sa scénographie, un thème/une salle. Mais son ancrage historique et sa galerie de portrait en font une exposition de qualité en parfaite phase avec l'actualité,  qui ouvre la porte à une compréhension de l'Europe qui se construit.