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Last Passion Hero

Au coeur du Quartier Latin, à l'angle de la rue Séguier et de la rue de Savoie se niche une petite échoppe: celle d'un artisan tireur, Roland Dufau. Depuis trente ans, il consacre sa vie à un papier mythique le "cibachrome". Rencontre avec un homme qui a su conserver sa liberté de ton et de pensée à l'heure où nombre de laboratoires ferment leurs portes...

Hold Up Photo: Vous êtes l'un des derniers tireurs cibachrome en france, et en tout cas, le dernier à ne faire que cela. Comment expliquez-vous cette désertion, est-ce uniquement imputable à l'arrivée du numérique?

Roland Dufau : Oui on peut dire que c'est l'une des raisons bien sûr, mais je pense surtout qu'il s'agit avant tout d'un papier très exigeant et qui est très cher. La matière première coûte très chère, donc il faut savoir l'utiliser, autrement les factures...

Maintenant, pourquoi je suis le dernier? Sans doute parce que les gros labos qui l'utilisaient n'y trouvaient pas leur compte et l'ont abandonné au profit du numérique. S'ils y avaient trouvé leur compte, il le continueraient. Certes, la demande s'est amenuisée, les photographes utilisent de moins en moins les diapositives. Enfin, il y a encore un stock important de diapos dans leur tiroirs qu'ils n'ont jamais tirées mais apparemment les labos mènent leur politique commerciale comme ils le veulent.

Ce que je dois dire aussi, c'est que moi je l'utilise par passion. C'est à dire que dès le départ, je me suis dit "c'est ça qui m'intéresse dans la restitution des couleurs", c'est avec cette technologie, que je pourrais obtenir le mieux la restitution des couleurs. Donc, je n'ai plus fait que cela. J'ai commencé avec le cibachrome, maintenant, on appelle cela l'ilfochrome classic mais cela fait 30 ans que je n'utilise que ce papier. Il est le plus prêt de ma vision de la couleur.

 

abstraction©Rodolf Hervé, tirage Roland Dufau

HUP: Pourquoi se focaliser et n'utiliser que ce papier. Economiquement c'était un pari risqué?

RD: Oui et si cela avait coûté cent fois plus, j'aurais fait la même chose. C'était vraiment ce papier, ses possibilités qui ont décidé que je ferais ma vie avec lui. Dès le début, j'ai perçu que je pourrais travailler ce papier couleur comme on pouvait travailler un tirage noir et blanc. C'est à dire avec la technique des maquillages, des masquages. On peut passer de dix à quinze secondes dans les parties très claires de l'image jusqu'à parfois quinze minutes dans les parties très sombres, avec des corrections chromatiques en cours d'exposition pour en compenser les effets. Et tout cela pour obtenir un résultat où l'on ne percevra absolument pas le maquillage. C'est un papier couleur vraiment qui m'ouvrait des perspectives infinies comme le papier noir et blanc. A la toute fin des années 70, ils avaient mis sur le marché un kit cibachrome en cuvette et c'est comme cela que j'ai commencé. Ca a été une révélation. Et puis j'ai montré mes tirages à Jean-Yves Brégand, le tireur de Jean-Loup Sieff, qui m'a offert un "bout de placard", comme il disait, pour installer ma Colenta. Elle faisait 80 cm de long pour 100 de large, elle était à bain perdu. Les photos passaient dans des bains qu'on vidangeait au fur et à mesure. J'ai démarré comme cela. Jean-Yves m'a dit: "si mes clients ont des tirages couleurs à faire, je te les présente." J'ai travaillé un an et demi comme cela avec lui. A l'époque, je travaillais aussi pour "survivre" dans la restauration comme Chef de rang le soir. Donc le jour au labo et le soir dans les restaurants. Puis ensuite, je me suis installé ici, rue de savoie, par hasard. J'ai continué avec la machine à bain perdu pendant encore un an et quand Autopan a sorti sa machine, j'ai investi une somme énorme, 800 000 francs. J'avais tout juste trente ans, et j'ai fait cet investissement tout seul. Il faut vraiment comprendre que j'ai eu une une révélation. J'étais un photographe amateur, nous étions partis, ma femme et moi, pendant un an en Afrique faire de la photographie. Nous avons pris des risques, c'est vrai mais aujourd'hui, je ne regrette absolument rien. Je ne l'ai jamais perçu comme un sacrifice. Il fallait être gonflé mais l'insouciance de nos trente ans nous a ouvert la voie. Et puis quand la passion est vivante, on trouve la force. Je crois vraiment à cela. J'ai 60 ans aujourd'hui et je respecte profondément la connaissance et la vision des jeunes car ils ont celle de leur 30 ans.

 

Les grands maitres du tirage/D.Gaessler

HUP: Alors qu'est-ce que c'est qu'un cibachrome?

RD: C'est en fait un papier qui est fabriqué en Suisse à Fribourg exactement, à partir de colorants très purs, des colorants azoïques. Ce sont des colorants transparents. Il a la propriété de restituer la lumière. Le support est un milinex, soit un triacétate, et comme les colorants sont déposés sur le support, ils renvoient la lumière. C'est ce qui donnent l'effet de transparence de ce papier. C'est ce qu'actuellement, on cherche à faire avec les technologies jet d'encre, mais pour l'instant on n'y arrive pas. Tout simplement parce que les encres ne sont pas aussi pures  et transparentes que les colorants azoïques. D'autre part, le "ciba"a une très grande précision dans la restitution des couleurs car les colorants sont déjà couchés dans le papier, le surplus est éliminé par le blanchiment. Ainsi toutes les couleurs qui n'ont pas été exposées sous l'agrandisseur seront éliminées par la chimie. Et surtout, il y a la puissance des couleurs. Elles peuvent être à la fois très légères ou très fortes. Ce papier peut restituer à la fois des couleurs très transparentes comme des ciels diaphanes ou des couleurs presque fluos, des bleus électriques, des carmins. Bref, des couleurs flamboyantes avec une restitution d'une puissance inégalée. C'est vraiment le stradivarius de la couleur.

A la base, c'est un papier utilisé dans le domaine militaire et pour des raisons commerciales, on essaie toujours de proposer au plus grand nombre les nouveaux procédés industriels mais cela ne s'est pas fait aussi facilement. Ils n'arrivaient pas à le proposer, dans les premiers temps, au grand public pour qu'il puisse le traiter d'une façon pratique. Par exemple en Italie, il y a avait des tireuses automatiques en cibachrome, chose que nous n'avons jamais eu en France car c'était Kodak qui maitrisait le marché des tireuses automatiques ici. Et puis finalement, la boucle est bouclée puisqu'aujourd'hui avec l'arrivée du numérique, le grand public s'est désintéressé du tirage papier et ce sont les armées qui de nouveau reprennent le procédé. Du coup, les stocks de papier, chose qu'on a pu craindre de voir disparaitre à une certaine époque, sont de nouveau assurés jusqu'au moins en 2025.

 

Roma©Rodolf Hervé, tirage Roland Dufau

La grande différence qui existe avec les autres types de papier, c'est que c'est un triacétate, un papier plastique, mais imputrescible. C'est le même plastique avec lequel on fait les bouteilles d'eau, pour simplifier. C'est un papier qui a très peu de sels d'argent, ils sont tout de suite éliminés, les colorants sont déjà fixés sur le papier, donc c'est un papier extrêmement solide. Il y a eu un papier semi-mat, il n'y a jamais eu de mat, mais aujourd'hui il n'y a plus que du brillant. Le semi-mat était un peu plus fragile, tout simplement parce qu'il avait un support papier, donc éventuellement poreux. Le brillant lui est très solide. C'est un papier qui a la réputation de tenir 300 ans sans problème. Les couleurs ne peuvent pas passer, à moins bien sûr de les exposer en plein soleil ou dans des conditions très dures.

D'ailleurs pour l'anecdote, les américains avaient mis au point, un temps, un certificat qui garantissaient la durée du cibachrome 200 ans. Ils donnaient ce certificat avec chaque tirage. Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était la manière dont le ciba serait conservé chez le "client". Si la maison est au bord de la mer, à la montage, dans des conditions d'humidité extrêmes comme dans certaines régions, il est beaucoup plus complexe de conserver le tirage. Ils ont fini par retirer le certificat car ils peuvent garantir le tirage dans des conditions dites "muséales" mais pas les conditions de conservation chez l'acheteur.

Atelier laboratoire de Roland Dufau rue de Savoie Paris VIème

HUP: Comment exposer et conserver ses tirages cibachrome.

RD:  Il n'y a pas de précaution particulière à prendre pour exposer  chez soi des tirages cibachrome. Il faut simplement s'assurer que son intérieur n'est pas trop humide. Il faut éviter un ensoleillement direct, ni qu'il y ait de trop grands écarts de températures entre l'été et l'hiver. Il faut aussi faire attention à l'exposition lunaire. Le rayonnement lunaire fane tout autant un tirage que le soleil. Et puis comme tout support photographique, il faut éviter des situations qui créent des incidents. Si on postillonne, il faut immédiatement essuyer le postillon avec un chiffon. Comme c'est une surface très brillante, il n'y aura aucune conséquence si vous l'essuyez tout de suite, mais si vous le laissez sécher, un petit point rouge va se former en quelques minutes de séchage, on appelle cela une "comète". L'acidité du postillon va détruire la couche de protection du ciba.

HUP: Quelles sont les relations que vous entretenez avec les photographes?

RD: C'est un travail en direct, en fait. il n'y a pas d'intermédiaire entre le photographe et moi. La relation et la confiance se mettent en place tout de suite, d'ailleurs je me fais un point d'honneur à la mettre en place immédiatement. J'écoute la sensibilité du photographe, je regarde l'image et j'en parle avec lui, afin que cela devienne quelque chose d'aboutie. Je crois qu'en trente ans de carrière, aucun photographe n'est sorti d'ici mécontent. J'ai eu des embrassades, des accolades... Les photographes arrivent avec leurs ektas et ils repartent quelques temps plus tard avec leurs tirages. Il n'y a pas de perte de temps, on va tout de suite à l'essentiel. Je pense être capable, avant de finaliser le travail, de faire plusieurs modèles et je sais que le bon est dedans. Je vais parfois faire 3 ou 4 tirages avec des interprétations différentes. Il y en a une complètement aboutie, les autres sont des petites variantes.
Par exemple, il y a quelques années, j'ai fait les tirages pour l'exposition de Linda Mccartney. Elle exposait à la galerie Canon, dirigée par Jean-Baptiste Leroux. Elle a aimé le travail que je faisais car elle travaillait en diapo. A cette époque, on pouvait éventuellement faire des inter-négatifs. Elle m'a confié toutes ses diapo, et voilà, c'était une très belle aventure. Maintenant, c'est un peu plus confidentiel, j'ai des clients fidèles. Cela fait trente ans que je suis là. Je travaille depuis des années par exemple avec Lucien Clergue. Il a d'ailleurs été récemment sollicité par Hewlett Packard pour faire des tirages jet d'encre, mais ils n'arrivent pas à lui faire ce que je fais avec un cibachrome. Quand on compare, il faut bien se rendre à l'évidence que ce n'est pas la même chose. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut opposer les différents procédés. C'est autre chose, c'est tout. Chaque procédé a sa particularité. Il ne faut pas prétendre que l'Ilfochrome classic est meilleur ou moins bon que le jet d'encre. Mais il ne faut pas non plus dire que le jet d'encre apporte un rendu identique au cibachrome. c'est faux.

Roland Dufau en compagnie de Linda et Paul McCartney


HUP Quels sont vos rapports aux institutions et aux musées?

RD: En fait, je suis le seul en france à travailler en tireur unique sur un support couleur. En noir et blanc, c'est assez courant mais en couleur, être en individuel je suis le seul exemple. Tous les autres sont intégrés dans des gros laboratoires avec des collaborateurs. De ce fait évidemment, je n'ai pas la puissance financière pour rivaliser avec les gros labos, qui ont des commerciaux et qui démarchent les institutions et les musées. Je n'ai donc jamais pu me confronter à ce genre de pratique. Mais pour l'anecdote, en 1981 quand François Mitterand a été élu, ses services ont eu besoin très rapidement de faire faire des tirages de son portrait. J'ai su après, que lors de ses voyages, il distribuait son portrait officiel, celui fait par Gisèle Freund, et il la dédicaçait aux autres Chefs d'Etat. Donc en 1981, Gisèle Freund fait ce fameux portrait dans la bibliothèque et...il est complètement raté...Pour des raisons techniques...car les Chefs d'Etats sont très pressés, n'ont que quelques minutes à accorder à la prise de vue et ne se prête pas forcément volontiers à ce type d'exercice. Bref, Gisèle Freund a installé son leica et a fait un 24x36. Les services du ministère en ont fait un inter-négatif en 9/12 et l'ont transformé en un 50x60 sur papier négatif. Et là, ils se sont aperçus que François Mitterrand n'avait qu'un oeil d'éclairé, l'autre oeil était "borgne". Les retoucheurs de l'époque, Photoshop n'existe pas, lui remettent une lumière dans l'oeil, ils redressent la cravate qui était de travers, au pinceau, ils effacent un pli sur le veston et le rasent de "frais", bref un ravalement complet. De ce 50X60 retouché, ils ont fait des inter-négatifs et des diapos 4/5. On m'a donc confié, au même titre que 4 autres laboratoires, un des ces 4x5 retouché et j'en ai fait un 20x25. J'avais à peine 6 mois d'existence. François Mitterrand a eu les 5 tirages en main, et c'est le mien qu'il a choisi. Ils m'ont commandé 400 tirages et j'avais à peine 15 jours pour les réaliser. C'était la folie, je travaillais jour et nuit, j'étais tout seul. Je faisais une trentaine de tirages par jour. En plus, à l'époque les tirages sortaient humides, je les faisais sécher avec des petites pinces à linge à travers tout l'atelier sur des fils mais j'ai honoré la commande.
Pour moi, le tirage, ce n'est pas vraiment un travail de solitaire mais je suis seul devant. Je ne m'occupe pas vraiment de ce que font ou disent les autres. Je me suis fait un point d'honneur à ne dénigrer personne. Le travail parle pour moi et puis j'estime que la vie est bien assez compliquée comme cela. Travailler ce n'est pas simple, moi j'ai la chance d'aimer mon travail mais ce n'est pas la peine d'en rajouter. Les polémiques ne m'intéressent pas. Mais bien sûr je me suis rendu compte que ce serait difficile de rester seul. En plus à cet même époque, il y a eu l'engouement des grands tirages à l'américaine. Il fallait des 60X80, des 80X100, des 2 mètres sur 3, les expositions demandaient aussi des grands formats...et là je ne pouvais plus suivre. Moi je suis limité au 60x80, alors forcément cela devenait un handicap pratique. Je faisais quand même des grands formats pour la galerie Canon, mais je ne les faisais pas ici, j'allais au Studio 44 à l'époque. Je faisais ici ma production habituelle et le soir, je courrais faire mes grands formats grâce à cette collaboration avec ce grand labo, qui faisait des tirages "muraux". J'étais jeune, je pouvais faire des doubles journées, galoper d'un bout à l'autre de Paris. Mais j'ai fait le choix de rester un "artisan" plutôt que de passer du côté industriel. Je voulais rester libre de mes mouvements, de mes choix. Je voulais garder la maîtrise, je ne voulais pas devenir chef d'entreprise. Cela ne m'a pas empêché de me lier d'amitié avec les photographes, comme par exemple John Batho, qui est par ailleurs le parrain de mon troisième enfant. Dans les gros labos, c'est difficile. On peut aussi garder des rapports humains mais ils sont peut-être plus filtrés, il y a plus de monde qui passe alors il y a forcément une sélection. Chez moi, le rapport est direct. S'il y a atome crochu, le rapport de confiance s'instaure immédiatement.

Roland Dufau et Lucien Clergue à Arles

HUP: Vous avez dû avoir des propositions de gros laboratoires, comment les avez-vous gérer?

RD: Effectivement, j'ai eu par exemple un proposition de Sipapresse. Goksin Sipahioglu, un personnage assez extravagant, voulait me racheter après avoir vu mes tirages à la galerie Canon. D'autres labos également m'ont approché. Mais comme je l'ai dit, je voulais garder la maîtrise sur ma vie. Je veux pouvoir me lever tôt et me coucher tard si je le décide, maîtriser mon emploi du temps.
Ce qui est un grand point d'interrogation, c'est la relève. Par passion pour ce support, je vais essayer de tenir le plus longtemps possible, maintenant que je sais qu'il n'y a plus de problème d'approvisionnement en terme de papier. Le numérique a élargi la possibilité de restituer les images, la palette de restitution vraiment est énorme, autant en noir et blanc qu'en couleur. Mais pour le futur de l'ilfochrome classic, je ne sais pas vraiment quoi en penser. J'ai eu des demandes de stage, de formation deux à trois fois par mois. Le problème c'est que lorsque je demandais à Ilford la durée de "vie" du papier, c'était toujours abstrait, ils ne savaient pas me dire. Entre 1995 et 2009, c'est une entreprise qui a quand même été rachetée 4 fois. On était dans ses soubresauts et ils étaient incapables de se prononcer sur la pérennité de l'entreprise. Et moi, je ne voyais pas l'intérêt de former un jeune pour l'envoyer dans le mur, dans une impasse. Je n'ai pas osé. Et aujourd'hui, maintenant que je sais que  le procédé va durer, hé bien, les jeunes, lorsqu'il me voit travailler, ils ne veulent plus faire cela. Car c'est très exigeant. je suis là du lundi matin au samedi midi, parfois jusqu'au samedi soir. Il faut aussi avoir une certaine aptitude à être dans le noir complet, ce n'est pas évident, surtout aujourd'hui où avec le numérique, on peut faire avec certaines imprimantes, tout le travail à la lumière du jour. Il y a le travail de tirage quotidien bien sûr, mais il faut aussi entretenir la machine, mettre les mains dans les chimies. Aujourd'hui, il n'y a même plus de technicien pour réparer le machine. C'est donc un process qui est devenu très incertain, finalement, il n'a plus cours dans les formations professionnelles. Paradoxalement, on a assuré la pérennité du support papier sans se préoccuper de son exploitation. Tout le monde est rentré dans le numérique. Pour gagner de l'argent aujourd'hui, il faut faire du numérique. Le cibachrome, comme il disent, est devenu une niche. Il y a 20 ans, il y avait 77 laboratoires qui pratiquaient le cibachrome. Aujourd'hui, nous sommes trois ou quatre et je suis le dernier à ne faire que cela.

 

Abstraction©Rodolf Hervé, tirage Roland Dufau

Et puis, surtout, je ne suis sollicité que pour des tirages de collection. Avant, il m'arrivait de faire des séries qui demandent peu de rigueur. Il y avait aussi beaucoup de tirages pour la mode. les photographes de mode sont exigeants mais beaucoup moins que pour un tirage de collection. Il y avait donc du volume. Actuellement, je ne fais pratiquement plus que de la collection et je ne fais que trois ou quatre tirages dans la journée car c'est très exigeant. Pour moi, c'est le bouche à oreille qui a fait ma réputation et ma publicité. Ce sont les photographes, puis les galeristes, et aujourd'hui les collectionneurs qui font ma réputation.

Atelier Roland Dufau

1 rue de savoie 75006 Paris

tel: 01 46 33 84 16